Culture, Littérature & théatre

Mon kobo, Emir Kusturica et moi

 

Comme vous le savez déjà après mon précédent post sur les ebooks, j’ai récemment adopté une liseuse et plus précisément un Kobo Fnac. Après un peu plus d’une semaine de pratique intensive, le résultat est plutôt concluant. J’aime mon kobo, je le traine partout, il est devenu une sorte de nouvelle passion dans ma vie.

Cette petite merveille m’a ouvert à nouveau une grande porte vers la littérature que je délaissais ces derniers temps, lasse de me trimballer des livres lourds et encombrants partout. La tentation de lire des journaux gratuits dans le métro plutôt que  l’œuvre intégrale de Marcel Proust était bien trop forte. Mais aujourd’hui, grâce à ma liseuse, ces temps sombres sont révolus.  A moi la littérature. Mon esprit va enfin s’éclairer.

Mon kobo

A Noël, mon frère a eu la riche idée de m’offrir mon premier vrai ebook Où suis-je dans cette histoire ? d’Emir Kusturica. Mimir sera donc ma première lecture numérique.

En ce qui concerne le support, il faut faire attention à une chose importante  à laquelle mon frère et moi n’avions pas pensé. Une liseuse est liée à un compte. Notamment, ici, pour les liseuses FNAC, elles sont liées à un compte FNAC. Pour récupérer mon livre offert, j’ai du paramétrer ma liseuse sur le compte de mon frère et non pas le mien. Conclusion, on ne peut donc pas offrir des livres numériques. C’est bon à savoir.

Sinon, la lecture est très agréable dès qu’on appréhendé l’objet et compris son fonctionnement. Je me suis découverte une grande passion pour les statistiques de lecture qui me permettent par exemple de savoir que j’ai lu 5h27 sur mon Kobo, que j’en suis à 59% de mon livre et que j’ai déjà tourné 688 pages. Ca ne sert à rien, certes, mais je ne peux pas m’empêcher d’aller les consulter en fin de lecture. L’esprit de compét avec moi-même surement.

Emir kusturica

Revenons-en à Emir. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, s’il y en a, Kusturica est le réalisateur serbe deux fois palmé à Cannes. Personnage fantasque et haut en couleurs, ses films comme Underground, Chat noir Chat blanc ou le Temps des gitans sont remplis de fantaisie, de musique, de joie et d’un joyeux bordel slave.

Sorti en avril dernier, Où suis-je dans cette histoire ? est son autobiographie.  Né à Sarajevo en 1954, sa vie est à l’image de ses films : intense, foisonnante, provocatrice, loin du politiquement correct.  Je l’ai dévoré en quelques heures, tant cette histoire d’un homme dans l’Histoire d’un pays est passionnante.

A travers son histoire personnelle, son enfance à Sarajevo, ses études à Prague et sa carrière cinématographique, on suit, vue de l’intérieur, l’histoire politique de la Yougoslavie de l’époque du Maréchal Tito à son désagrégement dans les années 90.  En ouvrant son album de famille, à travers ses souvenirs, on assiste à la mort d’un pays, à l’éclatement des peuples.

Et moi

J’ai été en fait assez étonnée que ce livre soit aussi intéressant car il s’agit de l’histoire d’une vie beaucoup plus que de l’œuvre de Kusturica. J’ai lu ce livre quasiment d’une traite car j’ai été très vite accrochée à cette manière d’écrire vraie et personnelle. Souvent drôle, Où suis-je dans cette Histoire ? est une farce pleine de bruits, de fureur, de coups de foudre, d’amis et de cinéma.

Le livre est bourré d’anecdotes cocasses sur la vie quotidienne dans la Yougoslavie communiste et sur le monde du cinéma. On découvre des personnages truculents rencontrés dans son enfance qui ont certainement inspirés les héros fantasques de ces films.

Contrairement à ce que l’on peut penser, ce livre ne devrait pas intéresser que les fans de Kustu, dont je suis, ça serait très réducteur. Car Emir n’est pas seulement un grand cinéaste déjanté poursuivi par des poules, des gitans et des fanfares serbes comme dans ces films mais aussi un témoin privilégié de l’histoire tourmentée de son pays, la Yougoslavie.

Quand à mon kobo, Emir et moi, nous avons passé de très bons moments tous les trois. Exactement 7.3h et 1243 pages tournées plus être plus exacte grace à mes nouvelles statistiques. Merci Mon kobo! 🙂

 

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