Cinéma, Culture

Grace de Monaco – Amour, gloire et navet

Mercredi 14 mai. Ouverture du festival de Cannes. Malgré la toute récente soirée Eurovision qui nous en a déjà mis pleins les mirettes en matière de glamour, chic et bon goût (à barbe), nous n’avions pas encore eu notre dose de rêve et de paillettes. C’est donc tout naturellement que nous sommes allées au cinéma voir le biopic de Grace de Monaco.

Les membres du complot du nanard

Même Nicole s’en mords les doigts…

Nous n’avons pas été déçues. Grace Kelly-diotie ce film! Envie d’aller voir un bon nanard? Olivier Dahan et Nicole Kidman on tout donné pour nous dans ce biopic où l’on ne voit d’ailleurs jamais un seul sac Kelly. C’est un comble.

Le résultat est tellement ennuyeux et kitchissime que quitte à choisir, on aurait préféré et de loin un biopic sur la non-moins délicieuse Grace de Capitani qui a tout de même triomphé dans les Ripoux et les sous-doués en vacances, symboles du chic français.

Grace de Monaco, la main au navet

Le film commence en 1956, alors que Grace Kelly, star d’Hollywood épouse le prince Rainier (Ray pour les intimes, car c’est bien connu, à Monaco, tout le monde parle anglais). Elle doit alors apprendre à devenir une princesse.

Alors qu’elle commence à peine à s’y faire, parce que vivre dans un palais sur la cote d’azur, c’est quand même pas fastoche, débarque Alfred Hitchcock. Le réalisateur d’Hollywood, alias le tentateur, vient lui proposer un rôle dans son prochain film. Dilemme. Que va choisir Grace, son peuple ou l’art?

Grace, une héroine seule face à son destin (Téléfilm Franco-américain, à 13h sur M6)

Grace, une héroine seule face à son destin (Téléfilm Franco-américain, à 13h sur M6)

Cette tragédie intime se place dans un contexte de crise politique, car c’est un film à suspens tout de même. En effet, Charles de Gaulle, le méchant président français demande un impôt à Monaco. Si la principauté ne s’exécute pas, elle sera envahie. Mais t’inquiète pas Rainier, tu peut continuer à fumer des clopes tout le long du film en répétant que tu ne sais pas quoi faire, Grace est là. Elle va trouver la solution.

What? Envahir le Monaco? Non mais Allo quoi !

What? Envahir le Monaco? Non mais Allo quoi !

Dur, dur d’être une princesse

Grace, c’est un peu la malaimée de Monac’. Trop américaine, trop blonde, trop élégante, les beaufs monégasques ne peuvent donc forcément pas la blairer. Mais en vraie mère courage, madame parfaite va prendre son destin en main et faire plein d’efforts pour se faire accepter des péquenots.

Grace, incognito en vendeuse de fruits et légumes

Grace, incognito en vendeuse de fruits et légumes

Tout le long du film, cette pauvre Grace est ridicule, vendant des fruits au marché pour montrer qu’elle est proche du peuple ou expliquant à un parterre d’hommes politiques que la décolonisation en Algérie, c’est quand même trop has been. De grâce, Monaco, n’en jetez plus.

Grace de Monaco, ou comment on peut arrêter des soldats avec des fleurs parce que la guerre, c’est mal.

 

L’apogée du film est le mémorable discours de Grace au Bal de la croix rouge, qui gagnera certainement haut la main le Gérard de la scène la plus cucul du cinéma en 2014.

Pour nous mettre dans l’ambiance, la scène s’ouvre sur le défilé des grands de ce monde arrivant au palais de Monaco brillant de mille feux, une entrée digne de la cité de la peur. Ça y est, on est à Cannes!

Alors que revoilà la sous-préfète

Alors que revoilà la sous-préfète

Gros plan de 5 minutes sur le gracieux visage botoxé de Nicole Kidman. L’oeil mouillé et la lèvre tremblante, elle nous explique pourquoi elle veut que ses enfants grandissent dans la joie et la beauté et qu’elle refuse les chars et les bombardements pour un avenir meilleur, tous ensemble, la main dans la main (musique d’ambiance ici). Devant tant d’arguments si pertinents, Charles de Gaulle ne peut que se plier et décide d’annuler l’invasion imminente de Monaco. La crise est terminée et la vie à Monaco redevient rose et joyeuse.

Quelle efficacité, cette Grace, véritable casque bleue à paillettes. Oui, on peut arrêter des chars avec des fleurs et des sourires, je ne sais pas pourquoi on n’y avait pas pensé avant. C’est tout simple en fait, faut l’envoyer en Syrie, la Grace, on l’a la solution!

 

Par Yulia Baba et Emmanuelle Béart-naise.

 

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3 Comments

  • Reply Fine Bessot 16 mai 2014 at 16:40

    J’ai adoré lire votre article.
    Jamais j’aurais eu l’idée de voir ce film, même à la télé un soir de pénurie ou d’élection…
    Déjà la bande-annonce annonce le désastre avec des acteurs en décalage complet si je puis me permettre, puisque Nicole rend, quand même, 25cm à Tim qui n’a absolument pas le physique de l’emploi. Le casting est déjà loupé dès le départ.
    Je n’ai pas voulu voir le film sur « la môme » les grimaces de Cotillard m’avaient complètement dissuadée, je n’ai pas, hélas, le goût du public en général.
    Peut-être est-ce le goût d’Olivier Dahan avec ses casquettes et autres couvres chef qui n’est pas de mon goût ?
    Pourtant j’aime les paillettes, Grace de Monaco (la vraie), Grace de Capitani (époustouflante dans les Ripoux) tout ce qui brille et qui fait rêver !

    Ceci dit j’ai adoré « Pas son genre » que je vous recommande chaudement (il y a aussi beaucoup de paillettes, mais pas que), Emilie Dequenne y est exquise face à un Loïc Corbery complètement empêtré dans ses théories philosophiques.
    Belle leçon de vie, où il faut bien le constater nos penseurs ne sont plus à la hauteur depuis… des lustres.

    • Reply Yulia Baba 16 mai 2014 at 19:40

      Merci Fine. Effectivement, pour « Pas son genre », j’ai très envie de voir ce film, je n’en entends que du bien. J’irai surement bientôt!

  • Reply Auroreinparis 17 mai 2014 at 18:04

    Et bien tu confirmes ce que j’imaginais du film, je passe donc mon chemin comme prévu !

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